Le code civil a été introduit dans l’Inde française en 1819, mais avec précaution eu égard aux us et coutumes que la France avait promis de respecter. Il a supplanté progressivement une bonne partie des lois locales par l’action inlassable des administrateurs, des juges-professeurs
de droit et aussi des auxiliaires de justice formés à leur école. Deux facteurs ont motivé leur action : leur foi dans la vertu civilisatrice du code civil et les difficultés pour les juges à maîtriser le droit local bien que des efforts louables aient été accomplis par certains d’entre eux.
Les changements des conditions de vie et de la mentalité de la population au cours d’un siècle et demi ont également les ont également encouragés à aller de l’avant.
Au lieu de modifier les lois hindoues en fonction de ces changements comme l’ont fait les Anglais, les Français y ont pourvu en substituant des dispositions du code civil à la loi locale souvent par voie jurisprudentielle. La population a également manifesté le désir d’adopter le code civil du moins en certaines de ses dispositions.
A la fin du régime français le code civil était devenu le droit commun réel sauf dans le domaine du droit de la famille où le droit hindou et le droit musulman continuaient à s’appliquer. Même dans ces domaines il a injecté ses principes au point de les modifier...
Par ANNOUSSAMY DAVID
juge honoraire, membre associé de l’Académie des sciences d’Outre-mer
et de l’Académie internationale de droit comparé
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