La Reconstruction d’Haïti : l’extrême pauvreté un enjeu fondamental

Maître Gédéon Jean

Le 31 mars 2010, après la catastrophe du 12 janvier 2010, les Nations Unies ont officiellement lancé la « Reconstruction d’Haïti ». Celle-ci s’est ensuite institutionnalisée par la création de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), coprésidée par l’ancien président américain, M. William Jefferson Clinton qui est aussi le président du nouveau Conseil consultatif présidentiel pour le développement économique et l’investissement.

Mais, la Reconstruction effective d’Haïti est-elle concevable en dehors d’une nouvelle politique des droits de l’homme visant d’abord à résorber la situation d’extrême pauvreté qui y installe sa « dictature » depuis fort longtemps ?

Plus d’un an après le « grand bond de New York », la situation de la grande majorité de la population haïtienne a-t-elle changée ?

Peut-on mettre Haïti sur la voie de la démocratie, du développement durable, de la gouvernance démocratique, de la stabilité durable … en acceptant qu’il y ait d’abord les pauvres, la grande majorité de la population, et les autres ?
A travers sa réflexion académique, politique et stratégique, l’auteur explique les facettes multiples et multiformes de l’extrême pauvreté en Haïti.

Ce travail permet de comprendre l’extrême pauvreté à partir d’une approche fondée sur les droits de l’homme et non sur le revenu. Ici, il s’agit plus précisément d’aborder la question par rapport aux droits sociaux, économiques et culturels, deuxième génération des droits de l’homme, tout en tenant compte des normes d’universalité, d’indivisibilité et d’interdépendance des droits de l’homme.

Ensuite, l’auteur explique les impacts de l’extrême pauvreté sur les principes de bonne gouvernance, que ce soit à travers l’approche de la Banque mondiale ou celle de l’Union européenne (participation, effectivité, efficacité…).

Par ailleurs, l’ouvrage explique le niveau de pauvreté en Haïti, toujours en fonction des lunettes axées essentiellement, sur les droits de l’homme. Une réalité qui obstrue toutes les possibilités pour que le citoyen haïtien soit l’acteur et le principal bénéficiaire d’un processus de Reconstruction véritable axé sur un plan de développement durable.

Si nous voulons effectivement mettre Haïti sur la voie de la Reconstruction, de la démocratie intégratrice, de l’État de droit et d’une société démocratique respectueuse de la dignité humaine, des droits de l’homme et des libertés fondamentales, il faut que les protagonistes parviennent à un « New deal » capable de concilier les « deux sociétés », à sa savoir les pauvres, qui constituent la grande majorité de la population, et les autres. Pour y parvenir, il faut inévitablement une nouvelle politique des droits de l’homme axée sur un plan directeur visant à éliminer l’extrême pauvreté en Haïti.


1 Cet ouvrage, écrit par Maître Gédéon Jean, est préfacé par Maître Patrick Defontbressin, Avocat à la Cour de Paris et Maître de conférences à l’université de Paris XII, et postfacé par Michel Forst, Expert indépendant des Nations Unies pour les droits de l’homme en Haïti :
2 Gédéon Jean, Avocat au Barreau de Port -au- Prince, est détenteur d’un master- recherche en droit international des droits de l’homme (mention droits fondamentaux). Il est directeur fondateur du Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH)

  • Dernière mise à jour: 22 octobre 2011
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