Communiqué de presse relatif à la célébration de la Journée internationale de la Femme du 8 mars 2010

Droits égaux, chances égales : progrès pour tous

L’Institut Roumain pour les Droits de l’Homme a organisé, en collaboration avec ANUROM, avec le concours de plusieurs membres de l’IDEF, une table ronde avec le titre “Le progrès peut être réalisé seulement par des droits égaux et des chances égales”, en partant de la devise du message de cette année du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon à l’occasion de la Journée internationale de la Femme, où il est précisé que “Lorsqu’on refuse aux femmes la chance de faire quelque chose de bien pour elles et pour la société où elles vivent, nous avons tous quelque chose à perdre”. A son tour, le Haut Commissaire pour les Droits de l’Homme accentue la gravité de la violence dans la famille sur le globe ainsi que le flagel des crimes commis “au nom de l’honneur”, en concluant que “C’est à l’Etat qu’il incombe la responsabilité de prévenir, protéger et offrir du soutien à tous ses citoyens, indifféremment du sexe ou du statut d’une personne dans sa famille”.

L’IRDH s’est proposé à réunir, par l’intermédiaire de cette table ronde organisée à son siège, des spécialistes dans le domaine des droits de l’homme et des droits de la femme en vue d’un dialogue incitant et complexe sur le thème des droits de la femme, dans le but d’identifier des actions concrètes vouées à assurer le respect et la promotion de ces droits dans tous les secteurs de la société.

Dans la parole d’ouverture des débats, le directeur de l’IRDH, Mme le Prof. Dr Irina Moroianu Zlătescu, membre de l’Académie Internationale de Droit comparé, membre du Comité directeur de l’IDEF et membre du Conseil Supérieur de la Magistrature (Roumanie), a souligné entre autres que « si tout était parfait quant’au respect des droits de la femme, ce sujet ne susciterait point tant de débats et ceci vient justement démontrer qu’il y a encore beaucoup à faire en ce domaine (…). Parmi les femmes actives qui jouissent d’une indépendance économique, le nombre de celles qui occupent des fonctions administratives reste assez restreint. Il faut reconnaître que l’indépendance économique représente une condition de la liberté de la femme, parce que l’égalité authentique ne peut être garantie que par l’accès à la vie politique, au niveau décisionnel ». Il a été rappelé que l’année 2010 vient marquer le 15ème anniversaire de la Déclaration de la Conférence de Beijing. A cette occasion a eu lieu récemment (les 27-28 février) le Forum Mondial des ONG pour les Femmes, qui a essayé de faire une évaluation de la mise en oeuvre de la Plateforme de Beijing, quinze ans après la Conférence mondiale, en avant-première à la 54-e session de la Commission de l’ONU pour le statut de la femme. C’est justement pour cette raison que l’année 2010 est une importante année de bilan du progrès enregistré par les Etats du monde en vue d’atteindre les objectifs du Millénaire et assurer d’une manière concrète l’égalité de chances, la paix et le développement dans les conditions de la crise économique mondiale.

Dans le cadre des débats qui ont suivi, Mme Edita Naghy a décrit plusieurs modalités de formation dans le domaine de l’éducation aux droits de la femme, ainsi que les barrières actuelles imposées par des mentalités éducationnelles carentielles, qui empêchent une réalisation réelle de l’égalité. En ce contexte, Mme Elena Marinică a précisé que « L’Union Européenne a fait des progrès significatifs au cours des dernières décennies dans la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes, quoiqu’il existe encore de nombreuses inégalités. En tant que dernières directions prioritaires ont été choisies celles visant l’indépendance économique individuelle, la réconciliation de la vie privée avec la vie professionnelle, la représentation égale dans la prise de décisions, l’éradication de toutes les formes de violence, l’élimination des stéréotypes de genre et la promotion de l’égalité entre les sexes. Il existe en Roumanie des différences au niveau du marché du travail, au niveau de la vie sociale, politique et culturelle ; il s’agit donc d’une ségrégation professionnelle par sexes, avec des différences de rémunération. Il est nécessaire d’introduire la perspective de genre dans l’éducation formelle et informelle, d’encourager la conciliation de la vie de famille avec la vie sociale, d’avoir une participation équilibrée au niveau décisionnel et de sensibiliser les médias ».

Un autre participant aux débats, M. Mircea Voinea, a ensuite accentué l’importance des chances égales dans le cadre de la famille, en soulignant le fait que « l’égalité de chances reste encore un problème au niveau international » et a évoqué la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), entrée en vigueur il y a 30 ans. La Convention a été ratifiée par 186 Etats mais elle détient un véritable récord quant’aux réserves aux articles 2 et 16 de plusieurs pays signataires, ce qui a un impact négatif sur la vie personnelle et familiale de nombreuses femmes. En se référant également au rôle de l’éducation dans la promotion des droits de la femme et dans l’élaboration de nouveaux systèmes d’approche des programmes d’enseignement, Mme Cristina Icociu a affirmé qu’il n’est pas aisé de changer et réformer un système lourd et conventionnel, mais que des changements se produisent toutefois, quoiqu’à petits pas.

En ce qui concerne la discrimination des femmes, Mme le Prof. Dr Monna Lisa Belu Magdo, juge à la Haute Cour de Cassation et de Justice, membre de l’IDEF, a déclaré que « pendant longtemps, celle-ci n’a pas été considérée une violation des droits de l’homme, mais un problème ‘interne’ des Etats, les Etats, à leur tour, interprétant souvent cette question comme un problème ‘privé’ entre la victime et le délinquant. Cette mentalité est engendrée par la différenciation entre la sphère publique et la sphère privée, qui se maintient tant dans les sociétés traditionnelles patriarcales, que dans les sociétés occidentales ». Mme le Maître de Conférences Dr Rodica Şerbănescu, membre de l’IDEF, a précisé que « l’égalité de la femme est une obligation sociale, politique et économique. La paix et le développement ne pourront être réalisés si les femmes ne sont libérées du fardeau des préjugés, de l’injustice et de la discrimination.

En se référant aux travaux du Forum mondial de la Famille (4-7 décembre 2009, Istanbul), Mme Irina Patrulius a mentionné les prévisions de la Déclaration finale, où il a été conclu que la violence dans la famille limite la capacité d’affirmation des femmes et que, étant donné qu’il n’existe pas une stratégie globale en ce sens, des stratégies locales multisectorielles sont nécessaires et que, implicitement, les politiciens du monde entier doivent s’impliquer dans la lutte contre la violence, en vue de promouvoir l’égalité de genre et l’affirmation des femmes, principaux objectifs du Millénaire, sans lesquels on ne peut parler du progrès. M. Adrian Bulgaru a présenté ensuite des aspects en relation avec les droits de la femme et la sollicitation d’asile, en énonçant des principes et des réglementations internationales dans le domaine de l’asile et en précisant que la femme qui quitte son pays à cause d’une discrimination peut être éligible pour le statut de réfugiée. « Les solliciteurs d’asile ont droit à la dignité, à la vie de famille ainsi qu’aux soins médicaux ». A la fin, M. Marius Mocanu a présenté des cas individuels de violation des droits de la femme ainsi que le rôle du médiateur européen.

A cette table ronde ont participé des membres du Parlement, des représentants du Secrétariat général du Gouvernement, du Conseil supérieur de la Magistrature, nombreuses organisations non-gouvernementales, parmi lesquelles le Club de Cheia ‘Victor Dan Zlătescu’, ARODF, AROMES, Family Forum, ARDOVT, La Filiale en Roumanie de l’Association européenne bancaire de Droit bancaire et financier, chercheurs scientifiques, enseignants universitaires et représentants des médias.

INSTITUT ROUMAIN POUR LES DROITS DE L’HOMME

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  • Dernière mise à jour: 28 mars 2010
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